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Portrait : Marine André, fondatrice de Bee Nature

Mardi 18 décembre 2018
 En bref
 Qui ? Marine André, 29 ans, ingénieure de gestion de la Louvain School of Management.
 Quoi ? Fondatrice de Bee Nature (2011), entreprise de soins dermocosmétiques naturels à base de miel.
 Domaines d’expertise ? Création d’entreprise, management, marketing, stratégie, utilisation du miel en cosmétique, génération Y, slow formulation, décryptage d’un code INCI, green washing, législation en matière de lancement d’un produit cosmétique sur le marché.

 

Marine André n’a pas été rapide. Elle a été très rapide. L’idée de créer sa propre entreprise de produits de soin naturels, elle l’a élaborée dès la réalisation de son mémoire de fin d’études. A peine diplômée de la Louvain School of management, elle participe et remporte un concours dédié à l’entreprenariat au féminin organisé par le magazine Elle. Cette victoire confirme alors son intuition et ses études de marché : une place est à prendre dans le secteur des cosmétiques. Marine André décide de créer son entreprise. C’était il y a six ans.

Fille de pharmaciens, la fondatrice de Bee Nature a toujours su qu’elle avait la fibre entrepreneuriale. Parmi les aides dont elle a bénéficié, elle pointe sans hésiter le soutien de ses parents : « J’avais 22 ans et pas encore grand-chose à perdre, ni bébé à nourrir ni loyer à payer ; j’ai pris le risque et mes parents ont décidé de me soutenir un an. »

Par ailleurs, Bee Nature a été la première entreprise à mener avec succès une campagne de crowdfunding en Belgique. A la clé, cinquante mille euros ont été récoltés auprès de cent et six internautes investisseurs toujours actionnaires aujourd’hui. « C’est grâce à cela que j’ai pu faire réaliser les tests nécessaires, faire enregistrer les formules, acheter les matières premières, lancer la première production, payer les emballages et mettre les produits en vente dès juin 2012, en pharmacies et en magasins bio. »

Enfin, il y a les aides structurelles, nombreuses mais pas toujours simples à obtenir : « La bourse de préactivité de douze mille euros offerte par la Wallonie m’a été refusée parce que j’étais trop avancée dans mon projet… Forcément, puisque c’était mon projet de fin d’études. Mais si moi je ne l’ai pas obtenue en sortant des études, qui l’obtient ? »

Pour soutenir le développement de son activité, Marine André bénéficie de plusieurs aides : « Je reçois des subsides pour aider à financer les salaires. C’est un soutien très conséquent sans lequel l’entreprise ne pourrait pas survivre. J’ai aussi des avances pour soutenir la recherche et le développement. Et enfin, je bénéficie de consultance à un prix très attractif via le Centre d’Entreprises et d’Innovations à Louvain-la-Neuve, financé par l’Union européenne, ainsi qu’un soutien à la formation. Mon secteur d’activité est très concurrentiel et bien qu’entourée par les administrateurs, j’étais la seule associée active dans l’entreprise ; ça n’a pas joué en ma faveur du côté des banques. Je n’arrivais pas en costard cravate, j’avançais des prévisions raisonnables et je nourrissais l’ambition de grandir petit à petit ; j’étais en décalage dans l’ère des start-up qui lèvent cinq millions d’euros et se développent très vite. »

Malgré la difficulté de pénétrer de gros groupements pharmaceutiques, la gamme Bee Nature est aujourd’hui distribuée dans mille pharmacies sur les cinq mille que compte la Belgique. Il s’agit déjà d’une belle réussite, bien que Marine André soit consciente du chemin qui reste encore à parcourir.

Les conseils de Marine André aux femmes désireuses d’entreprendre ? : « Pesez à fond le pour et le contre du statut d’indépendante. Si c’est ce que vous voulez vraiment, faites-le ! La vie est trop courte pour avoir des regrets. Ensuite, apprenez à déléguer, entourez-vous des bonnes personnes et assumez votre choix. »

Texte et photos : Véronique Pipers